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Archive for the ‘Uncategorized’ Category

On l’a bien tapé!

Les vieux de la vieille chez les expatriés de Bamako vous diront que la ville n’est plus ce qu’elle était.  Parmi leurs récriminations on trouve la recrudescence de la criminalité.  Bien qu’à nos yeux Bamako est une ville très sécuritaire (en excluant le déjà constant de se faire tamponner par une  moto conduite par un écervelé qui n’a absolument aucune considération pour les autres et même pour sa propre sécurité), il paraît que la ville était encore plus sécuritaire voilà quelques années.  En fait une blague qui circulait beaucoup ici auparavant était que les policiers étaient là pour veiller à la sécurité des criminels puisque ceux-ci risquaient fort de se faire lyncher par la masse des honnêtes citoyens.  Et bien il semble qu’il soit trop tôt pour mettre les policiers à la retraite puisque les criminels ont encore besoin d’eux.

Samedi dernier j’étais en train de discuter de tout et de rien avec les gardiens quand tout à coup au coin de la rue une moto démarre bruyamment.  S’en suit une masse de gens qui courent en criant et s’agitant.  Croyant à une victoire de l’équipe locale de foot, je me dirige d’un pas résolu vers le pavé.  Mais je n’y vois rien de particulier à part une foule compacte criant en Bambara des choses qui ne cadraient pas vraiment avec des cris de joie mais auxquels malheureusement je ne comprend rien.  Le lendemain notre petite famille mets le cap vers le pavé en question pour attraper un taxi.  Comme d’habitude nous nous arrêtons pour discuter avec les clients et les employés de la rôtisserie du coin.  En discutant avec le patron je lui demande la cause de l’agitation de la veille.  Voici un résumé de la conversation :

–          (Moi) Tonton, qu’est-ce qui s’est passé hier soir?

–          (Tonton) Oh rien, juste un voleur de moto.

–          Ah, et vous l’avez attrapé?

–          Oh oui, et on l’a bien tapé.

–           (Moi en blague) Ah, est-ce qu’il a survécu?

–          (Tonton d’un ton nonchalant) Non, non on l’a tapé jusqu’à la mort.

–          (Moi, après avoir vérifié qu’Élianne est juste assez loin pour ne pas entendre) Pardon?

–          Oui, oui, on l’a bien tapé, fort, fort et il a mourru par terre (sic).

–          (…)

–          (Tonton d’un ton offusqué) Non mais, ils sont fous ces gens là, ils volent des motos, ça vaut quoi 300 000 francs une moto [650$], non mais on va l’arrêter et les policiers vont le relâcher une semaine après et il va recommencer.  Maintenant on est certain qu’il ne recommencera pas.

–          (Moi) Hum… o.k. bon ben bonne journée Tonton, kembe kofé [à tantôt]

–          (Tonton, d’un ton tout à fait normal) O.k. au revoir!

 

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La fête!

Aujourd’hui c’est la fête!  Mais contrairement aux fêtes chez-nous, celle-ci n’a pas de date fixe.  En effet, la fête qui clôture le Ramadan suit, comme le Ramadan, un calendrier lunaire.  C’est donc dans la confusion la plus complète que la fête (qui ne semble pas porter de nom particulier, tout les maliens l’appelant simplement « la fête ») a été décrété par la congrégation des Imams du Mali ce-matin à 3h00 (il fallait voir la lune paraît-il).  Nous l’avons d’ailleurs appris par un texto d’un des analystes de la cellule reçu à 6h15.  Texto qui avait pour but l’obtention un « prêt »  de 20 000 francs.  Tout le monde a besoin d’argent pour la fête…  J’ai de la difficulté à imaginer autant d’incertitude quant à la date d’une fête aussi importante chez-nous.  Imaginez si on apprenait à quelques heures de préavis que Noël tombe le 22 décembre cette année!  C’est d’une spontanéité qui en dit plus long sur la vie ici que les guides de voyage.  C’est très rafraîchissant!

Mais peu importe le décret tardif, nous étions prêt.  En effet, le pauvre bœuf que nous avions acquis a été mis à mort hier soir dans la cour de la DGI, en compagnie de 4 ou 5 de ses congénères.  Le toubabou avait apporté sa caméra pour l’occasion et vous rapporte, comme promis, des photos du carnage.  C’est un peu surréel de se faire appeler pendant que l’on travaille sur une note portant sur la taxation des entreprises de télécommunication pour aller assister à la mort et au dépeçage d’un bœuf!  Je suis tout de même fier de dire que j’ai supporté le bain de sang et la révélation des entrailles de notre bœuf comme un vrai malien.  Bon, l’odeur n’est pas des plus plaisantes mais c’est instructif de voir comment ça se passe.  Disons que l’on respecte un peu plus la viande quand on a vu la bête vivante et que une fraction de seconde après celle-ci a la moitié du cou coupé et que son sang gicle à plusieurs mètres (non je n’en ai pas reçu sur mon beau complet, les maliens ne m’ont pas laissé trop approcher puisque la bête peut paniquer et charger et qu’un consultant mort ou gravement blessé c’est tout de même moins utile qu’un consultant vivant.  Enfin, je crois).  On est loin du steak dans un petit plat de styromousse tel qu’on le voit à l’épicerie.  Et croyez-moi, toutes les partie comestibles du bœuf sont utilisées.  C’est donc dans l’allégresse que mon chauffeur et mon planton sont repartis avec quelques kilos de viande en préparation pour « la fête ».

Et les Toubabous là-dedans?  Et bien ils ont profité de la matinée de cette belle journée de congé pour jouer avec les enfants dans la cour et maintenant papa écrit un article pour le blog pendant que tout le monde fait la sieste.  Au menu ce-soir le fameux Pad Thai de votre humble serviteur et crème glacée pour les enfants, c’est la fête après tout!  Les parents eux ils s’offriront un retour en Alsace avec un petit foie gras accompagné d’un Riesling vendanges tardives absolument divin.  Pas facile la vie au Mali…

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Le pool du bureau

Ceux qui me connaissent bien savent que je ne suis ni un très connaisseur de hockey ni même un amateur.  Bon, en séries peut-être, mais règle générale j’ai beaucoup de difficulté à m’exciter pour un sport ou il y a 3 645 parties dans une saison et ou les joueurs ont le droit de se battre mais pas en utilisant le bâton qu’ils ont dans les mains.  C’est d’une hypocrisie déplorable.  Bref, imaginez comment je trépide d’impatience quand la saison des pools de hockey arrive.  Ça m’ennuie terriblement.

Mais j’ai enfin trouvé un pool de bureau passionnant!  En effet, j’ai l’honneur de faire partie du pool du Ramadan des chauffeurs de la Direction Générale du Mali.  Il s’agit de réunir le plus grand nombre de personnes possible pour acheter des parts dans… roulement de tambour… un bœuf!  La veille de la fin du Ramadan, en prévision de la grande fête qui souligne la fin du carême, le noble animal sera acheminé dans la cour de la DGI et égorgé par un boucher qui le découpera ensuite et répartira la viande entre les participants en fonction du nombre de part acheté.  Paraît que c’est une grande fête et que tout le monde du bureau descend dans la cour pour assisté à la mort de leur bœuf (les différentes divisions achètent toutes un bœuf généralement).  Cette année 8 ou 9 bœufs seront tués et découpés dans l’allégresse provoquant une grande marre de sang, le tout directement dans la cour du bureau!  Tout le monde me dit ne pas oublié ma caméra!   J’imagine la tête des gens si ont décidait de tuer une douzaine de bœufs au coin de Laurier et O’Connor!  Le sang, les mouches, les trippes et leur contenu répandu sur le trottoir les gens qui se disputent le foie ou le cœur (c’est très bon cru paraît-il).

Bref, enfin un pool intéressant : zéro hasard, ça se termine dans un bain de sang, tout le monde gagne et en plus on se rempli la panse de viande!  Tel est mon enthousiasme que j’ai acheté deux part que se partageront Mamba mon chauffeur, Lacine mon planton (espèce d’homme à tout faire au bureau) et Basirou notre chauffeur du samedi.  Rien pour nous puisque qu’un quart de bœuf c’est génial quand on a 15 bouches à nourrir (ce qui semble la taille minimum des familles ici), mais à quatre nous en mangerions à tous les jours jusqu’à notre départ du pays!   Ceci dit, je vais certainement prendre un T-bone ou deux… Et il paraît que le boucher me laissera peut-être même égorger un bœuf.  Les maliens vont bien rigoler de voir le Toubabou les deux pieds dans le sang!

À suivre (je vous promets des photos la semaine prochaine).

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Histoire de chiens

5h30.  Le téléphone portable qui nous tient lieu de réveil matin sonne.  Horrible petite ritournelle d’ailleurs, les gens qui « composent » la musak de cellulaire devraient être pendus haut et court.  Pour l’exemple.  Bref, le réveil est brutal mais l’occasion est historique.  Après des mois de paresse, je reprends enfin ma routine : une bonne course le matin avant de commencer la journée.  Les raisons de ne pas courir ici sont assez faciles à trouver.  Dans les premiers moi la chaleur intense (37-38 à 5h30 le matin) et la pollution étaient suffisant pour me décourager.  Avec le temps plus clément j’ai bien essayé de courir un peu mais mon quartier ne compte que peu de routes goudronnées ou pavée.  En l’absence de trottoirs courir devient une partie de Frogger ou je fais office de grenouille et les voitures sont remplacées par des petites jakartas.  Bref, 5 minutes après le début de ma course, je m’étais déjà fait frapper les coudes deux fois.  C’est non seulement désagréable  mais aussi un peu (!!) dangereux.  Mais Euréka, j’ai trouvé un terrain de football près de chez-moi ou les motos et les autos ne sont pas admises.  Les chauffards bamakois ne respecte pas grand-chose mais le foot oui!  Un soir je sors donc après le travail, tout heureux d’avoir trouvé une solution… et me retrouve en plein milieu de plusieurs parties de foot simultanées.  Bon d’accord, on peut difficilement blâmer les gens d’utiliser à fond le peu d’infrastructure dont ils disposent.  Alors cette semaine j’ai décidé d’aller au terrain de à 5h30 le matin.  Pas de motos, pas de joueurs de foot, le plan parfait quoi!

Je sors donc, heureux de ma résolution et de ne pas avoir réveillé les enfants.  Je fais quelques pas dans la rue et surprise, je réalise pourquoi le chien du voisin est aussi énervant avec ses hurlements matinaux.  Il se trouve, chers lecteurs, que ma rue est patrouillée la nuit par une bande de chiens errants qui se délectent des déchets et des os rejetés par la rôtisserie du coin.  À ma vue ceux-ci battent en retraite de quelques pas, mais arrivé près de leur repas ils affichent une résolution très ferme, me montrent les dents en grognant et s’avancent vers moi.  Le message est clair : « Toubabou, fais ce que tu veux mais ne t’approche pas du peu de bouffe que nous réussissons à trouver ».  Le Toubabou en question songe soudain à l’état sanitaire des hôpitaux du Mali et perd toute envie de jouer au dur avec des chiens qui ont probablement beaucoup plus l’habitude des combats de rue que lui.  Je me retire donc tout doucement dans l’autre direction.  Qu’importe, tous les chemins mènent à Rome, ou au terrain de foot de Korofina nord.   Quelques minutes de course plutôt agréables dans les ruelles sans lumières de Bamako plus tard, je me retrouve devant une autre meute de chiens errants.   Fort de m on expérience, j’essaie de déterminer l’emplacement exact de leur repas, question de le contourner et de m’éviter l’opprobre et les menaces.    Sans succès.  C’est donc au sprint que je me rends au terrain de foot.  Celui-ci est complètement vide et j’entreprends de le parcourir pour me rendre compte qu’à la noirceur les trous et les petits tas d’immondices sont difficilement visibles.  Pauvres chevilles!  Une fois le jour venu, pour éviter les chiens, je retourne à la maison ou tout le monde dors encore paisiblement.  Marie de demander « et ta course? ».  Sans commentaires.

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