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Bonne fête à tous les papas!  Bien que presque personne ne célèbre cette occasion ici, votre humble serviteur a eu droit à une matinée absolument parfaite grâce à la meilleure blonde du monde et des enfants merveilleux. Le tout couronné par un très joli poème et une belle carte avec des dessins très intéressants de ma petite chouette (bizarrement je n’ai jamais de cheveux sur ses dessins, je cherche encore la raison…; ).

Je ne peux m’empêcher de remarquer qu’on a beaucoup plus écrit sur la paternité que sur la maternité, pour des raisons évidentes j’imagine.  Les enfants en général, et les garçons en particulier, sont généralement très attachés à leur mère (même adultes, ont ne fait que le cacher un peu mieux) et je ne fait pas exception à la règle.    C’est peut-être pour cette raison qu’on s’imagine qu’être maman ça vient tout seul et qu’être père ça s’apprend.  La majorité des nouveaux pères se posent donc des questions sur comment devenir un bon papa.  Et les chanceux comme moi réussissent à trouver des réponses adéquates (espérons) et à faire un boulot décent malgré nos nombreux défauts.  Je dis les chanceux parce qu’on se retrouve invariablement à répliquer les comportements de nos parents et qu’avoir eu un bon exemple ça donne une grosse longueur d’avance.  Permettez-moi donc de dire un gros, gros merci à mon papa à moi.  Je t’aime Papa et je t’embrasse, même si ça pique!

Mon hypothèse de la semaine est la suivante : un Malien peut vivre aisément sans quitter sa maison pendant plusieurs semaines.

Comme les enfants et moi avons été malades en alternance cette semaine, nous sommes restés près de la maison. C’est ainsi que j’ai constaté qu’on peut acheter de tout au pas de sa porte. Voici quelques exemples de services à domicile.

  • Couturier : jeune homme qui se promène avec une Singer sur l’épaule (des machines qui ont au minimum 50 ans). Il cogne sa machine à coudre avec une grosse paire de ciseaux rouillés pour indiquer qu’il est dans le coin. J’ai pu faire agrandir des pyjamas de Guillaume ainsi que confectionner les rideaux de la chambre des enfants.
  • Vendeurs de fruits: ce sont généralement des enfants, d’une dizaine d’années environ, qui circulent avec un plateau de fruits sur la tête. C’est la version malienne des machines à distributrice santé!
  • Vendeurs de sandales : Vos souliers vous lâchent alors que vous êtes sur la route? Pas de problème! Il suffit d’arrêter un des enfants qui portent sur la tête une chaudière pleine de sandales. Le choix est limité, et les tailles peu variées. Ça explique pourquoi on voit souvent des passants avec des sandales trop grandes ou trop petites.
  • Représentante de produits nettoyants : C’est mon aubaine de la semaine. Une jeune dame sonne à la porte une fois par semaine pour me vendre des produits nettoyants pour la maison. Ils sont efficaces et beaucoup moins chers que les produits français vendus à la petite épicerie.
  • Vendeuse de vêtements : En début de semaine, Véronique a fait son magasinage d’été. Elle a tout simplement arrêté une dame qui circulait avec une grosse poche de linge sur la tête. À l’intérieur, il y avait une cinquantaine de pièces de vêtements usagés, pour la plupart sans étiquettes de grandeur. Ici, on choisi le vêtement en fonction du style, puis on demande au couturier d’ajuster la grandeur.
  • Dépanneurs ambulants : Bien qu’il y ait des boutiques (petits dépanneurs) à tous les 20 mètres dans les rues passantes, il y a aussi des hommes qui passent avec des brouettes surchargées de toutes sortes de cossins et bébelles.
  • Éboueurs : Je crois qu’on en a déjà parlé de notre gentil éboueur. C’est un monsieur d’une soixantaine d’année qui se promène avec son âne et sa petite charrue. Il ne parle pas un mot de français mais il me salue toujours et récite une prière pour notre famille. Véronique m’a montré à répondre « amiami » après chacune de ses phrases pour le remercier de ses bons vœux.
  • Le petit dernier, le pharmacien : de tous les vendeurs qui passent devant la rue, le plus bizarre est de loin le « pharmacien » ambulant rencontré ce matin. C’est un bonhomme qui circule dans les petites rues avec en main une petite valise. Celle-ci expose derrière une vitre des centaines de petites pilules multicolores et méticuleusement placées. Sans farce! Imaginez des Smarties enveloppées individuellement et par couleur et ça vous donne une idée de l’attrait du contenu de sa valise. Vous avez entendu parler de la contrebande de faux produits pharmaceutiques chinois? Ça semble passer par ici… Pendant que le type prenait la pression de Mamba et de Véronique, je me suis amusée à scruter le contenu de sa valise. J’ai pu reconnaitre des clones d’aspirines, de somnifères, de pilules anticonceptionnelles, de Viagra, de losanges pour les maux de gorge, d’antiacides, et beaucoup d’autres. Je n’en revenais pas! Quelqu’un n’a qu’à lui dire où il a mal et ce bonhomme leur vend des cachets. Comme c’est vendu en portion individuelle, on achète la quantité que l’on veut selon nos moyens. C’est ainsi que Mamba s’est procurée une ration de 3 jours de pilules contre le paludisme. J’ai mes doutes sur l’efficacité de ce traitement minute…

Marie

Les Maliens ont un rapport un peu bizarre avec le temps. Ils ne se soucient guère de la température quotidienne, mais attendent avec impatience les changements de saison. Dans notre cas, c’est la saison des pluies. Lors des grosses chaleurs d’avril, les Maliens prévoyaient que les pluies torrentielles arriveraient dans « quelques semaines ». Nous avons eu de gros orages certes, mais pas de pluies régulières. J’ai fait un petit sondage hier auprès des gens dans notre entourage. Quelles sont leurs prédictions? La saison des pluies arrivera dans quelques semaines!

Les Maliens sont aussi précis avec leur âge ou leur date de naissance. Véronique a tantôt 32 ans, tantôt 38 ans; sa fille a 10 ans mais fêtera ses 12 ans prochainement… Quant à Bassirou, il a dû sortir sa carte d’identité pour pouvoir nous dire son âge et sa date de fête!

Heureusement pour mon papa je ne suis pas Malienne! Je veux donc lui souhaiter en ce 2 juin un très bel anniversaire. Cher papi, je tiens à te dire que je t’aime beaucoup et que tu me manques. On mangera un gros gâteau au chocolat à ta santé ce soir. Si tu as atteint l’âge de la sagesse, est-ce à dire que j’ai seulement la moitié du chemin de parcouru? Aie! Je souhaite que cette deuxième moitié soit aussi palpitante que la tienne!

Grosses bises,

ta fille préférée  xoxo

Nous savons depuis longtemps que notre petite puce a l’esprit très vite. Voici quelques récentes perles.

Lors du souper, on parle de tout et de rien avec Élianne et surtout on discute du « plan de match » pour l’heure qui reste avant le dodo.

Papa: « Élianne, veux-tu qu’on aille dans la piscine toi et moi après le souper? »

Élianne: « Hmmm, je préfère y aller avec maman.  »

Papa: (coeur brisé…) « Bon, d’accord »

Plus tard, en ramassant les assiettes du souper.

Papa: « Lili, va mettre ton maillot pour qu’on aille dans la piscine. »

Élianne (d’un ton ferme): « Papa, qu’est-ce que je t’ai dit tantôt? C’est avec MAMAN que je veux aller dans la piscine. Toi tu as déjà eu un moment avec moi aujourd’hui. »

Et vlan dans les dents!

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Samedi matin, nous avons eu l’occasion de rencontrer Adam, la fille de Véronique. Nous étions tous assis dans le salon et lui posions quelques questions pour apprendre à mieux la connaitre.

Moi: « Tu es en quelle année Adam? »

Adam: « Je suis en septième année » (se retourne vers Élianne) « Et toi, tu es en quelle année? »

Élianne: « Moi je suis en 2010. »

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Photo-roman

Plusieurs d’entre vous se demandent certainement à quoi ressemble une journée dans la vie de votre économiste préféré (non pas Krugman, moi).  Voici un photo-roman intitulé « Une journée au Mali ».  Si j’ai bien réussi mon coup, en cliquant sur les photos vous devriez voir le texte associé à chaque épisode du « roman ».

Un des plaisirs de l’expatriation est de rencontrer quantité de personnes qui n’auraient probablement jamais croisé notre chemin en d’autres circonstances.  Nous vous avons beaucoup parlé des maliens que nous rencontrons ou côtoyons.  Mais qu’en est-il des autres toubabous qui, comme nous, font du Mali leur patrie d’adoption pour un laps de temps donné?

Nous commençons maintenant à connaître un certain nombre de gens et déjà une tendance lourde se dessine.  Premièrement, les occidentaux qui se retrouvent au Mali entrent dans deux catégories bien précises : ceux qui sont ici pour toujours et les autres.  Les premiers sont atterris ici, quelques fois par hasard, et sont resté par amour du pays, des gens ou souvent pas amour tout court (un jour je vous entretiendrai de la disproportion que j’ai observé ici entre le nombre d’hommes maliens mariés à des occidentales et la quasi absence de femme malienne mariées à des occidentaux).  Je connais peu de gens de cette catégorie mais nous en voyons de temps en temps dans la rue.  Ils sont facilement reconnaissables à la façon qu’ils ont de marcher ou de s’habiller qui ne cadre parfaitement avec le Malien moyen mais qui n’est pas Toubabou non plus.  Ce sont ceux qui parlent bien Bambara et qui s’aventurent à manger dans les bouibouis que même certains maliens ne fréquentent pas.   Des gens intriguants mais qui ne s’approchent que rarement des vrais toubabous comme nous.

Des occidentaux qui sont ici de façon temporaire, nous avons autours de nous un échantillon assez large pour que je puisse tirer quelques observations que je prétendrai représentatives de l’ensemble.  Comme on le devine facilement, il s’agit le plus souvent de coopérants travaillants pour un gouvernement ou pour une ONG.    On devine aussi facilement que ces individus, et leurs conjointes ou conjoints, sont généralement un peu plus ouvert d’esprit que la moyenne et sont dotés d’une réelle capacité d’empathie.  Bien que certaines choisissent « l’international » parce que c’est supposément prestigieux, ceux qui se retrouvent au Mali sont, de toute évidence, animés d’une réelle volonté d’aider au développement du pays.  Car croyez-moi on est à des lieux du glamour ici.  Bref, on parle de réelle vocation pour le développement international.  En fait, tous les blancs que nous rencontrons ici on fait du développement leur carrière.  Le Mali pour 3 ans, ensuite le Vietnam, ensuite un autre pays et ainsi de suite.  Je suis même prêt à parier que la grande majorité d’entre eux savaient au secondaire ou peut-être au CÉGEP que c’était ce qu’ils voulaient faire de leur vie.  Nous en avons tous connu à l’université des passionnés de développement qui passaient leurs étés à creuser des puits au Guatemala et ne rêvaient que de travailler à l’ACDI.  Et bien ceux qui persévèrent finissent par se ramasser ici et dans leur ensemble sont des gens éminemment sympathiques et extrêmement intéressants.

Mais nonobstant le plaisir que j’ai à les côtoyer, je ne peux m’empêcher de me sentir un peu à part, différent.  Car je l’avoue d’emblée le goût du développement international ne m’est venu que tard.  En fait si on m’avait dit voilà 5 ans que j’allais passer un an au Mali je ne l’aurais pas cru.  Et j’avoue aussi que je n’ai pas l’âme missionnaire.   Ça m’a pris un certain temps avant de mettre le doigt dessus, mais c’est là une grande différence entre eux, les « vrais », et nous.  Notre année ici est en fait une parenthèse dans nos vies « normales » tandis que pour eux c’est ça leur vie normale.  Cette expérience est extrêmement enrichissante et je n’éprouve pas une once de regret.  En fait, nous reviendrons sûrement au Mali et nous repartirons fort probablement pour 1,2, ou 3 ans à l’étranger dans quelques années.  Au grand minimum nous visiterons certainement un pays en voie de développement pour une période prolongée quand les enfants seront à l’âge ingrat.  Rien de tel que de voir des petits fouiller dans les poubelles afin de se nourrir pour réaliser qu’avoir le dernier Playstation ou le iBidule quelconque n’est peut-être pas si important que cela.  (c’est ma théorie et je la partage).  Mais je ne suis pas de ceux qui brûlent du désir contant de se dépayser et ne peuvent pas tenir en place.  J’avoue volontiers que la famille et les amis commencent à me manquer.  Bref, la vie d’expatrié c’est bien… un certain temps.  Bon je vous laisse, ma Mahie et moi sortons en amoureux ce-soir.  Nous allons au cinéma.  Quel film allons-nous voir?  Bonne question, à laquelle nous aurons une réponse en arrivant au cinéma puisque l’horaire n’est disponible nul part!

Kambé!

p.s.  Pour ceux qui suivent les aventures de nos chats qui furent 4, puis trois et deux et finalement un, j’ai de mauvaises nouvelles.   Dogon le survivant de la fratrie de chats errants nous a quitté hier.  Le pauvre fut probablement victime de l’épandage d’insecticides chez notre voisine.  Son chien que nous aimons beaucoup a d’ailleurs failli y passer aussi.  Quelle ironie d’avoir survécu contre toutes attentes à l’abandon de sa mère et de finir ainsi.  J’avoue avoir ressenti un petit pincement au cœur.  Ce séjour sera définitivement source de beaucoup des nouvelles expériences.  Je comprends mieux ceux qui sont attachés à des animaux domestiques.  Un peu.  Mais rassurez-vous, je déteste encore les chats.  Il ne faut quand même pas trop changer non?

Les petits Maliens

Tel que raconté lors de nos premières semaines au Mali, nous avons choisi notre quartier en fonction de sa « normalité ». Selon nous, Korofina était un quartier moyennement aisé où ne vivaient pas exclusivement des expatriés ou encore de riches maliens. Il y a aussi beaucoup d’activités et de commerces à proximité de notre demeure, ce qu’on ne retrouve pas partout non plus. En faisant ce choix, nous espérions donc de faire connaissance avec des locaux et tenter de nous insérer dans le train-train quotidien du quartier.

Je crois qu’on peut dire qu’on a atteint notre but. Les habitants de notre rue nous connaissent pour la plupart, et bien entendu, tous les gardiens et jardiniers connaissent les enfants. Nous apprécions aussi discuter ou encore prendre le thé avec les commerçants du coin (maraichère, boucher, garçon du petit « dépanneur », menuisier, etc.). Cette convivialité nous manquera certainement à notre retour au Canada.

Les enfants ont eu plus de mal à se faire des amis parce que les enfants du voisinage que l’on croise le plus souvent sont réservés et ne parlent pas français. Vous pouvez déduire que comme on les voit régulièrement, ils ne vont pas à l’école. Celui qui a fait les premiers pas s’appelle Younous. J’estime qu’il a une dizaine d’année. Il s’offre toujours pour porter mes sacs d’épicerie quand il me voit (sans exiger des sous) et Guillaume se fait prendre par lui sans problème. Il sait aussi déjà plaire aux filles parce que la semaine dernière il est venu donner à Élianne une petite chaise en ébène que son grand frère avait fait.

Nous connaissons aussi quelques autres enfants, dont ceux de la femme qui fait les frou-frous. Aucun des quatre ne parle français mais ils nous saluent toujours avec un grand sourire, quitte à crier à tue-tête de l’autre côté de la rue passante pour nous envoyer un salut de la main. Il y a aussi la petite Mimi qui vit dans la concession* voisine qui vient à peine de nous apprivoiser. Avant de connaitre son nom je l’appelais la petite sirène parce que dès qu’elle nous voyait elle se mettait à crier, et plus on s’approchait, plus elle montait le son!

Un bizarre déclic a eu lieu entre les enfants vendredi après-midi. Élianne était dans la rue devant chez nous en train de jouer avec sa trottinette. Younous est venu lui dire bonjour, puis Mahi (l’ainée de la dame aux frou-frous) a accouru pour me saluer. Ceci a attiré deux autres plus jeunes. En un rien de temps, ils se sont tous mis à faire des courses dans la rue, prenant même parfois Guillaume sur leur dos pour le faire participer. Lorsque Nicolas est rentré du bureau, il a trouvé 6 enfants dans le jardin devant la maison qui jouaient, se balançaient, sautaient à la corde ou encore soufflaient des bulles de savon. Il n’y a pas de doute, Élianne était enchantée d’être entourée de la sorte.

Ce matin, nous avons encore eu de la visite, quoi qu’un peu matinale. Je ne sais pas trop comment l’histoire a commencé mais lorsque je suis sortie sur le balcon à 7h30 pour peigner les cheveux d’Élianne, elle se balançait en compagnie de deux jeunes Maliens. Je les reconnaissais vaguement, mais ne pourrait dire à quelle famille ils appartiennent. Quelques minutes plus tard, Élianne leur a dit au revoir puisqu’elle et Nicolas s’en allaient jouer derrière l’école américaine. Le hic c’est que les petits Maliens ne sont pas partis en même temps qu’elle! Voyant que je restais à la maison avec Guillaume, ils ont continué à jouer. Il est évident que le jeune garçon a des frangins plus jeunes car je le voyais garder un œil sur Guillaume et le suivre quand il s’éloignait de moi. C’est justement en l’accompagnant derrière la maison qu’Amadou et sa sœur ont découvert notre piscine. Wow!

Je leur ai tourné le dos quelques instants pour prendre Guillaume dans mes bras et lorsque je me suis retournée, ils avaient tous deux retiré leur chandail puis glissé entre les barreaux de la piscine. Mon cœur a arrêté. Que faire s’ils sautent à l’eau? La piscine est profonde et je doute qu’ils savent nager.  J’ai attendu leur réaction. Ils se sont accroupis pour toucher à l’eau puis ont commencé à s’asperger d’eau… Pauvres petits, il n’y a pas que les Toubabous qui ont chauds dans un temps pareil! Nous avons le luxe d’avoir un bain et une douche, mais évidemment pas eux. Je suis donc restée là un bon moment à les regarder rire en s’éclaboussant. À la fin de leur visite ils sont partis détrempés mais avec le sourire aux lèvres.

*concession : grande cour fermée et sablée où vit une ou plusieurs familles maliennes dans des petites baraques ou une maison à moitié complétée (lire 4 murs en blocs de ciments et un bout de tôle ou du feuillage pour toit). La cuisine et le lavage se fait au centre de la cour. Chèvres, moutons et volailles courent librement au milieux de tout.

Marie

P.S.: Pour les curieux, Dogon notre petit chat va très bien. Il n’a plus besoin d’être nourri au compte-gouttes puisque a accepté de manger des petites croquettes pour chatons. Dans quelques semaines, il devrait avoir la taille d’un chaton d’animalerie canadienne!